Quand les opportunités d'affaire en Haïti se discutent à Washington D.C.

À l’initiative de l’ambassade d’Haïti à Washington a été organisé ce 22 février, de concert avec la ville de Washington DC par le biais de son département de développement des petites et moyennes entreprises, le ministère du Commerce fédéral et la Chambre de commerce de la région métropolitaine de la capitale américaine, un forum sur les opportunités d’affaires en Haïti. De ces échanges très animés, entre l’assistance et Tessa Jacques, directrice générale de la CFI, Georges Sassine, président de l’ADIH, et le professeur Daniel Dorsainvil, ancien ministre de l’Économie et des Finances, ont résulté entre autres des manifestations d’intérêts pour visiter Haïti notamment dans le cadre d’une mission que compte organiser le ministère du Commerce à travers le « US Commercial Trade Service, Trade Mission to the Caribbean ». Source : Le Nouvelliste

Le gratin du milieu des affaires fédéral et de la région métropolitaine de Washington s’est joint à l’ambassade d’Haïti le jeudi 22 février 2018 pour participer au forum sur les opportunités d’affaires en Haïti. Youri Emmanuel, ministre conseiller responsable de la section Investissement et Économie l’ambassade d’Haïti, avoue que le forum résulte d’une rencontre précédente avec le DC Department of Small and Local Business Development, un bureau qui relève de la municipalité de Washington DC. « À cette rencontre, confie le diplomate, nos deux interlocuteurs nous ont invités à une mission d’affaires qu’ils comptent organiser en Amérique latine dont Haïti. C’est donc dans le souci de faire une meilleure promotion d’Haïti comme destination qu’on a organisé ce forum. »

Tessa Jacques, la directrice générale du CFI (Centre de facilitation des investissements), a présenté à l’auditoire les secteurs porteurs en Haïti notamment le tourisme, l’agriculture, la construction, les infrastructures, l’énergie, le textile et l’habillement, et le BPO. À l’aide d’une vidéo, elle a exposé des avantages incitatifs comme 1500 km de côtes sauvages à exploiter. Elle évoque également le code des investissements de 2002 qui garantit entre autres la franchise douanière, les avantages fiscaux, la capacité de rapatrier ses fonds récoltés dans son pays d’origine.

Georges Sassine, président de l’ADIH (Association des industries d’Haïti), a tenu un discours sans langue de bois. L'entrepreneur a souligné les opportunités tout en rappelant les défis liés au cadre normatif ralatif aux investissements. Il le présente comme archaïque, rétrograde, n’encourageant pas les investissements. « Il faut 2 jours aux États-Unis pour monter une entreprise. Tandis que 200 chez nous, il y a comme quoi un complexe du crabe dans nos manières » avoue le panéliste qui encourage plus loin à suivre le modèle anglo-saxon qu’il juge de bien plus efficace.

Le professeur Daniel Dorsainvil, de son côté, a mis l’accent sur deux manières à partir desquelles l’investisseur étranger peut aborder le contexte haïtien. « Il a la possibilité de proposer son produit sur le marché haïtien directement ou l’exporter vers d’autres marchés. Haiti Broilers qui est jamaïcaine le fait si bien d’ailleurs, il s’installe bien dans le paysage haïtien et peut grâce à sa croissance exporter ses produits ailleurs », a confié l'ex-ministre de l'Économie et des Finances.

Tessa Jacques se réjouit par ailleurs du fait que ce forum permette de parler d’Haïti sous un autre angle que celui de la charité. Un influx de plus d’investisseurs, selon elle, sur le territoire haïtien pourra avoir rapidement des conséquences positives sur l’une des économies les plus faibles de la Caraïbe. Daniel Dorsainvil ajoute que cet exercice de l’ambassade d’Haïti de mettre des informations pratiques sur le paysage de l’investissement en Haïti au public composé d’hommes et de femmes d’affaires associés à la Chambre de commerce américaine et de celle de Washington est plus que capital pour notre pays.

Youri Emmanuel, l’une des principales matières grises derrière l’organisation de cette rencontre, se félicite que tant d’entrepreneurs américains ont répondu à l’appel mais aussi se sont révélés assez curieux sur les possibilités d’affaires en Haïti. Il explique que le panel a été conçu dans l'objectif de permettre d’une part aux entrepreneurs de se faire une idée sur les possibilités présentées par Tessa Jacques et Daniel Dorsainvil, mais aussi pour de se préparer aux réalités et les affronter telle que George Sassine les a évoquées. Peu de temps avant l’apéronetworking bouclant le forum, Daniel Gaines du ministère du Commerce américain a lancé officiellement l’invitation à la mission commerciale baptisée « U.S Commercial trade service trade mission to the caribbean region », prévue pour le mois de mai et qui passera notamment par Haïti.