L'ADIH lance le centre TASC pour renforcer le secteur de l'habillement

Pour marquer officiellement le lancement de son centre de formation et de services du secteur textile (TASC), l’Association des industries d’Haïti (ADIH), en partenariat avec Electra Sewing S.A., a réalisé ce jeudi la cérémonie de remise de diplômes à la première promotion de techniciens qualifiés. Durant six semaines, environ 140 jeunes ont reçu gratuitement des formations en contrôle de qualité, opérateur de machines à coudre industrielles et en technique de supervision. Renforcer le secteur de l’habillement par la disponibilité de cadres et de main-d’œuvre qualifiés est l’un des défis auxquels l’ADIH compte répondre à travers ce centre.

Au départ 140 étudiants, ils n'étaient que 84 opérateurs de machines à coudre industrielles, 21 agents de contrôle de qualité et 7 superviseurs à recevoir ce matin leurs certificats. De ces 112 professionnels fraîchement gradués, certains ont déjà trouvé un emploi aux dires des formateurs. Pour Georges B. Sassine, président de l’ADIH, le renforcement du secteur textile est l’un des moyens pour Haïti de sortir de la pauvreté. Selon ce qu’il a affirmé, les nombreux investissements des firmes haïtiennes, ces dernières années et l’intérêt constant manifesté par les compagnies étrangères à venir s’installer en Haïti font qu’on peut déjà s’attendre à une augmentation de la demande de personnel qualifié. C‘ est donc en prévision de cette hausse que le TASC a été créé. « Les parcs de Caracol, de Lafitteau, Codevi… sont tous en chantier pour accommoder des compagnies étrangères, qui ont déjà signé des contrats de bail », a précisé M. Sassine.

C’est donc à partir du secteur de l’habillement que l’économie haïtienne trouvera son élan, a assuré le président de l’ADIH. Toutefois, il soutient que l’industrie du textile ne constitue pas pour autant la solution aux problèmes économiques du pays. Ce secteur ne constitue que la porte d’entrée. Georges B Sassine a, par ailleurs, avancé que de 39 000 emplois avant février 2017, le secteur textile est passé présentement à plus de 46 000 personnes qui y travaillent. Il promet que d’ici 3 ans, 40 000 nouveaux emplois verront le jour, dont plus de 8 000 rien qu’au Parc industriel métropolitain (PIM). Le développement du secteur textile repose sur 3 principaux piliers, les investissements du secteur privé, la franche collaboration public -privé. À ce titre, M. Sassine a déclaré son satisfecit avec le pouvoir en place actuellement. « L’État nous prête une attention plus accentuée que par le passé, a indiqué le président de l’ADiH. Le dernier pilier est la volonté de la population de se former pour ce secteur. S’adressant à ce premier groupe d’ouvriers et de techniciens gradués, l’industriel les a encouragés à se perfectionner pour pouvoir travailler dans d’autres secteurs à l’avenir et assurer à leurs familles un meilleur train de vie.

De son côté, le ministre du Commerce, Pierre Marie Dumeny, a de nouveau réitéré l’engagement du gouvernement auquel il appartient en faveur de ce secteur. L’homme d’État a remercié l’Association des industries d’Haïti pour « sa clairvoyance en mettant sur pied ce TASC afin de pallier l’insuffisance qui existe dans l’industrie textile ».« Au niveau du ministère du Commerce, on est là pour aider et pour vous accompagner », a déclaré M. Dumeny aux nouveaux gradués.

Prenant la parole, Delva Jean Frantz , l’un des diplômés, a, au nom du groupe, déclaré leur fierté de ne pas avoir abandonné malgré les difficultés rencontrées. Il en a profité pour témoigner à l’ADIH, à l’État et aux formateurs la reconnaissance de la promotion.

Le projet de modernisation des entreprises et filières locales (Local Enterprise and Value Chain Enhancement, LEVE) de l’USAID avait accordé le 28 août dernier une subvention à l’ADIH pour soutenir le lancement et les opérations du Centre de service des textiles et du vêtement (Textile and Apparel Service Center, TASC).

L’ADIH s’était engagée à développer un plan d’affaires pour un centre de services et avait négocié un bail à long terme avec la Société nationale des parcs industriels (SONAPI) pour exploiter un centre de formation et de services. Elle avait également négocié un contrat de performance avec Electra Sewing pour organiser la formation pour le compte du TASC. Le projet de l’USAID LEVE devait fournir à l'ADIH un soutien opérationnel, une stimulation du marché et une assistance technique, y compris la mise à sa disposition d’un directeur général expérimenté pour s’assurer que TASC possède la capacité de marketing et de gestion qu'il faut pour répondre aux demandes de l’industrie.